L'improvisation sur un ''ground'' ou un air est une pratique commune au XVIIème siècle. Alors qu'un ''ground'' est une pièce instrumentale dont le sujet poétique varie selon la fantaisie de l'improvisateur, un ayre est le point de départ de commentaires et gloses musicales des idées et affects exprimés par l'oeuvre, les ornementations venant figurer le texte original et décrire par des motifs caractéristiques les différents mouvements de l'âme.
Le public actuel, s'il ne peut concevoir un concert de jazz sans improvisations, est pourtant moins habitué à voir des musiciens ''baroques'' se servant d'un language ancien aussi naturellement que s'il appartenait à notre réalité historique. Mais peu importe le lieu et l'époque dont la musique provient : lorsqu'un musicien improvise, la musique devient aussi réelle et actuelle que si elle avait été composée aujourd'hui. Le processus créatif se déroule sous les yeux de l'auditeur, l'exécution est instantanée et éphémère, donnant à chaque concert une identité propre et unique.
Les deux principaux compositeurs de ce programme sont John Dowland et Henry Purcell, tous deux emblêmatiques de la période baroque en Angleterre. Le Temps ne joue dans ce concert qu'un rôle de témoin : les émotions provoquées par l'Amour et la Mort dictent l'ordre et la progression des pièces.
L'Achéron
Fondé en 2009 par François Joubert-Caillet, L'Achéron est un ensemble à géométrie variable abordant les musiques de la Renaissance, du Baroque et d'aujourd'hui. Ses membres sont originaires des quatre coins du monde et appartiennent à une jeune génération de musiciens se produisant régulièrement avec des ensembles reconnus, mais ressentant le besoin d'affirmer leurs personnalités artistiques dans un cadre qui leur est propre.
L'Achéron s'attache à interpréter les répertoires anciens en mettant en valeur les essences qui les caractèrisent, dans un soucis d'authenticité et de respect des oeuvres originales, mais aussi dans un esprit de lisibilité pour le public actuel, la recherche musicologique et la compréhension du message artistique s'associant pour nourrir les curiosités intellectuelles et sensitives du public.
L'Achéron est un laboratoire de nouvelles idées, de concepts et de pratiques artistiques : les improvisations anciennes, diminutions et ornementations dans les répertoires des XVIème et XVIIème siècles, les improvisations 'ex tempore' (sans structures harmoniques ou rythmiques pré-établies), ainsi que les musiques contemporaines (n'excluant ni les mélanges de styles et d'instruments, ni les expérimentations) font parties intégrantes de la démarche résolument évolutive de l'ensemble.
Dans la mythologie grecque, l'Achéron est le fleuve souterrain sur lequel Charon mène aux Enfers les âmes des défunts, celui qu'Orphée traverse pour chercher Euridice : comme son nom l'inspire, L'Achéron veut ouvrir une voie sublime entre deux mondes apparemment opposés, le monde des vivants et celui des morts, le passé et le présent, l'idéal et la réalité.
Chantal Santon Jeffery
Soprano
Diplômée de Sciences-Politiques, la soprano française Chantal Santon Jeffery étudie le chant au Conservatoire Supérieur de Paris ainsi qu’auprès de Margreet Honig et Florence Guignolet. Elle débute à la scène en 1999 dans Der Freischütz de Weber dirigé par Myung-Whun Chung au Théâtre des Champs-Élysées et chante depuis les opéras du répertoire et de nombreuses créations sous la direction de chefs tels que Jonathan Darlington, Jean-Christophe Spinosi, Jean-Claude Malgoire, Hervé Niquet, Martin Gester, Olivier Dejours, Pierre Roullier… Saluée par la critique pour son interprétation de Sandrina dans La Finta Giardiniera de Mozart dirigé par David Stern en 2005, elle a depuis interprété quelques-uns des grands rôles mozartiens (Suzanne, la Comtesse, Donna Anna, Elvira, Fiordiligi).
En concert, sa grande curiosité lui fait aborder un très vaste répertoire allant du baroque à la création contemporaine. Elle s’est produite et a enregistré avec de nombreux ensembles, dont Il Seminario Musicale de Gérard Lesne, Les Arts Florissants, Le Concert Spirituel, Les Jeunes Solistes, 2e2m, La Chapelle Rhénane, les Musiciens de St Julien…Parmi ses récentes prestations, on peut citer Der Tag des Gerichts de Telemann au Théâtre des Champs-Élysées, le Requiem de Brahms et la Messe Nelson de Haydn à Paris, des cantates profanes de Bach à la Cité de la Musique… Elle s’est produite en récital de lieder et mélodies dans de nombreux festivals dont celui de Royaumont.
En 2008 elle a interprété les rôles de Donna Anna dans deux productions (en tournée française et à opéra de Limoges), King Arthur de Purcell au Festival de Radio-France à Montpellier (direction : Hervé Niquet) et, sous la direction de David Stern, la Comtesse des Noces de Figaro, Eleonora dans Prima la musica poi le parole de Salieri et le rôle titre de Didon et Énée. Elle vient d’incarner également sous sa direction Elvira dans Don Giovanni mis en scène par Yoshi Oïda (tournée française).
Parmi ses derniers enregistrements on peut citer La Dafne de Da Gagliano avec Jay Bernfeld (rôle titre), un récital d’airs de cour au côté de Gérard Lesne, une œuvre inédite de J. M. Kraus, Amphitryon, sous la direction de Werner Ehrhardt, ainsi que la Missa Assumpta est de Charpentier avec le Concert Spirituel.
Parmi ses projets, toujours placés sous le signe de la diversité : les reprises du King Arthur à l’opéra de Montpellier et au Japon ;la reprise du Don Giovanni de Yoshi Oïda en Israël et à l’Opéra Royal de Versailles (ces deux dernières productions ayant été filmé par France 2 et Arte pour une prochaine sortie DVD); un opéra en création, My Way to Hell de Matteo Franceschini, en tournée dans toute la France; le Requiem de Gilles et des motets de Campra avec le Concert Spirituel (tournée internationale), différents récitals baroques et enregistrements avec des formations telles que Amarillis, le Concert Lorrain…
François Joubert-Caillet
Viole de Gambe
François Joubert-Caillet a étudié la viole de gambe à la Schola Cantorum Basiliensis auprès de Paolo Pandolfo, avec lequel il étudie aussi l'improvisation ancienne, ainsi qu'avec Rüdolf Lutz. Il a également suivi des masterclasses auprès de Wieland Kuijken et de Christophe Coin.
Il joue avec différents ensembles de musique ancienne, tels que la Chapelle Rhénane (Benoît Haller), avec laquelle il participe aux enregistrements de 'Musicalische Exequien' de Heinrich Schütz (Diapason de l'année 2007) et 'Membra Jesu Nostri' de Dietrich Buxtehude pour K617. Il a enregistré 'Maestros Andaluces en Nueva Espana' et 'Barbara Strozzi' avec la Cappella Mediterranea (Leonardo Garcia Alarcon) pour Almaviva et Ambronay, ainsi que d'autres CDs pour les labels Âme-son, Stradivarius et Ricercar.
François Joubert-Caillet a tourné dans le Film Documentaire '7 Cordes pour une 2ème Vie' sur le luthier François Danger (réalisé par Bruno Carrière) et a pris part au DVD 'Membra Jesu Nostri' de Dietrich Buxtehude dirigé par René Jacobs pour Harmonia Mundi. Il a été entendu sur la Bayerische Rundfunk avec l'ensemble Labyrinto de Paolo Pandolfo, ainsi que sur Radio France Musique, RSR, RTBF, ORF, WDR3, Arte, Mezzo, France Télévision, DRS, dans divers projets.
Il a remporté le 1er Prix et le Prix du Public au Concours International de Musique de Chambre de Bruges et est invité à donner des concerts de musique de chambre, récitals et masterclasses en Europe, Asie et Amérique latine. Il enseigne la viole de gambe au
Konservatorium de Bern.
Thomas Dunford
Archiluth
Né en 1988, Thomas Dunford a découvert le luth à l’âge de 9 ans grâce à Claire Antonini et après un cursus complet au Conservatoire Supérieur de Paris (CNR), il obtient en 2006 un 1er prix mention très bien à l’unanimité dans la classe de Charles-Edouard Fantin. Il poursuit ses études à la Schola Cantorum de Bâle avec Hopkinson Smith depuis octobre 2006. Il a participé à plusieurs Master-class avec Hopkinson Smith, Rolf Lislevand, Julian Bream et suivi des stages avec Eugène Ferré, Paul O’Dette, Pascale Boquet, Benjamin Perrot et Eduardo Eguez.
De septembre 2003 à janvier 2005, il a joué le rôle du luthiste sur la scène de la Comédie Française dans « La Nuit des Rois » de William Shakespeare. Il a joué au Musée Carnavalet, à Paris, lors du Festival «Clavecin en Fête» (Belgique), au Festival de St Guilhem le Désert et à Versailles Off. En Septembre 2007 et Janvier 2008, il s’est produit à l’Académie d’Ambronay sous la direction d’Hervé Niquet, ou il a joué dans l’opéra « Le Carnaval et La Folie », en Roumanie, Pologne, Espagne, et pour finir à l’Opéra Comique à Paris.
Il joue régulièrement avec les ensembles A 2 Violes Esgales, Pygmalion, l’Art des Muses, Les Ombres, Les Siècles, Le Concert Spirituel, l’Ensemble Baroque de Limoges, Christophe Coin.